La vidéo explicative met de nouveau sa pédagogie au service de la défense des valeurs citoyennes. Après « la vidéo explicative dessinée contre Monsanto », voici un nouvel épisode, où un film en animation dessinée dénonce cette fois-ci le CETA, un accord économique entre le Canada et l’Europe qui met en péril des normes de sécurité, de santé et de justice.

 


La vidéo explicative dessinée contre le CETA :


 

La pédagogie de la vidéo explicative continue de gagner en popularité. Ici, elle est utilisée pour expliquer ce qu’est le CETA, le Comprehensive Economic and Trade Agreement, en français : l’accord économique et commercial global. Il s’agit d’un traité qui vise à faciliter les échanges entre le Canada et l’Europe. L’objet de la polémique vient dans la différence des normes de sécurité, de santé et de justice entre les deux zones économiques.

 

La fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme et Foodwatch, une ONG qui défend les droits des consommateurs en matière d’alimentation, ont sponsorisé cette vidéo explicative dessinée qui nous éclaire sur les risques de cet accord.

 

 

Au-delà de la polémique, ce qui nous intéresse ici, c’est la valeur pédagogique de la vidéo dessinée. Comment en effet expliquer simplement des concepts économiques complexes aux citoyens européens ? Comment sensibiliser les gens à propos d’un sujet rebutant et obtenir une mobilisation importante contre le projet ?

 


Le dessin démocratise l’économie :


 

Avec des dessins, tout est plus clair. C’est aussi pour cela qu’il y a des grands tableaux dans les salles de classe ! Pas seulement pour écrire des formules de mathématiques ou la bonne orthographe des mots. C’est également une surface pour illustrer à travers des schémas ou des dessins des notions complexes. Les mots accompagnés par les images donnent une bien meilleure compréhension comparé à une simple conférence.

 

Mais la vidéo explicative va encore plus loin à travers les exemples. C’est encore un cran au-dessus du schéma. La mise en situation, les illustrations, permettent de voir ce qui est en jeu. Ainsi, le principe de précaution illustré, ce dialogue entre les deux personnages incarnant l’Europe d’un côté (« dans le doute, c’est non ») et le Canada de l’autre (« dans le doute, c’est oui »), puis l’évocation de l’épidémie de vaches folles donnent une vraie clarté aux problématiques du traité. Soudain, les mots vivent !

 

Et parce qu’elle permet de comprendre, la vidéo explicative fait sortir les problématiques des sphères politiques élitistes (utilisant volontairement un charabia juridique) pour descendre dans la rue, ou plutôt sur la toile, et être partagé. Ce n’est que dans la mesure où les citoyens participent aux débats que la démocratie est vraiment une démocratie. Rappelons que le mot vient du grec : kratos signifiant le pouvoir et démos signifiant le peuple. Ainsi, la vidéo explicative dessinée participe directement à l’expression de la voix du peuple.

 


Le pouvoir du fun :


 

Mais bien entendu, avec le dessin, une dimension ludique s’ajoute à la pédagogie. Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un sujet sérieux qu’il faut le traiter sérieusement. Les bulles des personnages dessinés, le trait caricatural, les touches d’humour, renforcent le caractère attractif de la vidéo.

 

Le dialogue de sourd entre les deux superhéros – pour incarner les différences d’approches sur le principe de précaution – marque les esprits plus sûrement qu’un long texte explicatif. C’est la grande force du dessin. Il s’appuie sur la culture de la bande dessinée, de l’animation qui n’est plus réservé strictement aux enfants.

Et parce que c’est plaisant, la vidéo devient virale. Déjà partagée plus de 600 000 fois sur Facebook, la mobilisation des ONG gagne en ampleur.

Etre ludique, loin de décrédibiliser le message, le renforce. Et on arrive au moment où le crayon devient le meilleur orateur. Et tout cela pourquoi ?

 


Accompagner l’éveil d’une conscience planétaire


 

Ce qui se décide aux niveaux des institutions européennes est loin des problématiques nationales. Par ailleurs les textes de lois sont écrits dans un jargon juridique difficile à comprendre. En effet, à l’origine « jargon » était le terme qui désignait la langue des voleurs et des assassins, qui permettait à ces derniers de parler affaires en présence de non-initiés sans risquer d’être découvert. Aujourd’hui, le jargon serait-elle devenue la langue des politiciens qui souhaitent mener leurs opérations sans interférences de novices en la matière ?

 

Si c’est bien le cas, alors faire de la pédagogie, expliquer, devient un acte de rébellion. La vidéo explicative dessinée devient un moyen, pour les ONG, de maintenir vivant le débat et l’expression de la vox populi. Les pétitions, ces dernières années, ont fleuri sur la toile. Pour mobiliser, rassembler, les envois d’emails en nombre et l’utilisation des réseaux sociaux ne suffisent plus. La popularité de la vidéo en fait le véhicule privilégié d’une contestation, un média fort pour propager son message.

 

La vidéo explicative, parce qu’elle est simple et fun, se partage et devient virale. La toile ne connaît pas de frontières. On sort de problématiques nationales pour rassembler au niveau européen, voire internationale. Les ONG ont trouvé un outil de choix pour accompagner l’éveil d’une conscience planétaire. A travers cette vidéo dessinée, on réalise à nouveau que les écrits des accords politiques et commerciaux ont le pouvoir de changer la vie des citoyens. Comment se faire entendre ? Le crayon serait-il un sabre laser pour affronter l’empire ?

 

Lorsqu’on regarde l’Histoire, il est intéressant d’observer que les grandes évolutions, les changements majeurs sont venus de la base, de citoyens qui ont su rassembler autour d’eux : Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela. L’utilisation des nouvelles technologies permet d’accélérer aujourd’hui une mobilisation du peuple. Et il faut désormais compter avec la vidéo explicative comme arme de compréhension massive.

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