Comment utiliser le storytelling en formation

présentation avec storytelling
Photo de NeONBRAND sur Unsplash

Bien avant d’être un divertissement, les histoires assuraient un rôle de transmission du savoir.

Les mythologies et les légendes étaient l’équivalent de notre formation professionnelle. Et c’est pour cela que le rôle du conteur était si essentiel à une tribu, un clan ou même un royaume. C’était aussi un formateur.

Le webmarketing s’est approprié le storytelling  et ses techniques . Mais l’on peut tout à fait s’en servir aussi dans des modules de formation. On peut renouer avec le rôle originel des histoires.
Pourquoi et surtout comment utiliser le storytelling (definition) dans une formation ?
 

Pourquoi utiliser le storytelling

Il y avait ce prof de philosophie qui racontait comment Platon avait été jeté dans le Barathre, un profond ravin, par le tyran Denys de Syracuse. Celui-ci avait invité le disciple de Socrate pour mettre en place sa fameuse République. Et puis, les choses avaient mal tourné.
Platon, qui avait les épaules larges (c’est en fait ce que veut dire Plat-on en grec) avait dû escalader le flanc du ravin pour s’échapper.
Ce professeur parlait aussi des déboires d’Aristote avec son élève Alexandre le Grand, de la vie de mercenaires de Descartes. Il appelait ça le côté Indiana Jones de la philosophie.
 
Les histoires transforment une matière ennuyeuse en un sujet vibrant, coloré et passionnant. Elles donnent du relief à des contenus pédagogiques.
Lorsqu’un orateur raconte une histoire, il stimule en fait plusieurs zones dans le cerveau. Celle du langage, mais aussi le centre des émotions, la mémoire et les perceptions sensorielles. Pour résumé, un bon storytelling équivaut à offrir une fête pour les neurones de l’apprenant.
 

C’est comme si votre auditoire vivait directement les évènements racontés.

 
Le premier avantage, c’est donc un niveau d’engagement incomparable. Le “il était une fois…” va captiver immédiatement les apprenants et les rendre attentifs. Exit les bâillements d’ennui.
Photo d’Edwin Andrade sur Unsplash
Le deuxième avantage, c’est une qualité de mémorisation bien supérieure à un rapport factuel en Powerpoint. Jennifer Aaker, professeur de marketing à l’université de Stanford, souligne qu’on se souvient 22 fois mieux d’une histoire que d’un fait rapporté.
 

 
Pensez aux fables de Jean de La Fontaine : on se souviendra toute sa vie du message pédagogique du Corbeau et du renard, du Lièvre et de la tortue, de la Cigale et la fourmi, mais ce n’est pas tout.
 
L’histoire crée une connexion émotionnelle entre le formateur et son audience. C’est une des raisons pour lesquelles les marketeurs sont férus de storytelling. L’histoire crée une proximité.
 
Si l’histoire est bien choisie, celui qui écoute va s’identifier à l’un des personnages. Il n’est plus dans la distance de l’analyse rationnelle. Il est corps et âme avec le storyteller.
 

Le storytelling permet donc d’illustrer une mise en situation du savoir.

 
Enfin, raconter une histoire devant un auditoire permet d’en prendre le leadership. Si son histoire captive, un formateur obtient l’adhésion de ses auditeurs et peut diffuser son enseignement à la fin de l’histoire.
 
C’est pour cela que les hommes politiques s’en servent de plus en plus. Barack Obama doit son ascension à son talent d’orateur et de storyteller. En France, Nicolas Sarkozy et Emmanuel Macron ont fait un usage immodéré de cette technique de communication dans leurs prises de parole en public.
 
Et le plus beau avec le storytelling ? C’est que ça marche aussi bien en présentiel que dans une formation à distance.
 

Les clés du storytelling

Avant de voir concrètement comment les formateurs peuvent intégrer des histoires dans un parcours de formation, voyons en quoi consiste une bonne histoire.
Tout d’abord, il faut :
 

  • un décor
  • un ou des personnages
  • une intrigue

 
Maintenant, si vous voulez remporter la guerre contre les clichés et faire un bon discours, vous devez soigner les détails. Quand vous plantez le décor ou quand vous décrivez un personnage, choisissez deux ou trois détails intéressants.
 
Voici un exemple tiré de La sorcière de Midi, de Michel Honaker :
 

“Harold est un type à part. on dirait qu’il est souvent absent, même quand il est là. Il a des yeux en forme d’amande qui changent tout le temps de couleur. Il est maigre comme un os, pâle comme quelqu’un de souvent malade. Williams et sa bande l’appellent « le squelette », ce qui n’est pas très gentil, seulement ils n’osent jamais l’attaquer, même tous ensemble. Je crois qu’ils ont peur de lui.”

 
Pour structurer une histoire, il y a essentiellement 5 parties :
 

  • une situation initiale, qui présente un monde avec un certain équilibre,
  • un incident déclencheur : il s’agit d’un élément perturbateur qui vient créer un déséquilibre et qui lance le protagoniste dans l’histoire,
  • des péripéties où le protagoniste de l’histoire rencontre plusieurs obstacles,
  • un dénouement ou résolution du déséquilibre,
  • une situation finale avec un nouvel équilibre.

 
Aux derniers stades, le héros a appris quelque chose. La pédagogie est donc au cœur de la dynamique d’une histoire.

 
Le voyage du héros décrit par Joseph Campbell dans son livre “Le héros aux mille et un visages”.
Dans une prise de parole en public, on peut ajouter différents éléments de l’art oratoire :
 

  • la respiration
  • l’intonation
  • la posture
  • la gestuelle
  • les silences

 
On peut également recourir à des techniques théâtrales comme les très bons orateurs.
Cependant, les deux éléments les plus importants sont sans doute :
 

  • Parler distinctement
  • Surmonter le trac

 
Pour cela, il faut se rappeler que lorsque l’on prend la parole devant un auditoire, on s’adresse à une personne à la fois, jamais à une foule.
 
Pendant le récit, vous pouvez aussi interagir avec le public. Cela augmentera encore son niveau d’engagement.
Posez des questions comme :
 

  • Imaginez-vous..?
  • Posez-vous la question…?
  • Que feriez-vous à sa place…?

 
Pour savoir comment s’adresser à un auditoire, renseignez-vous sur nos formations prise de parole en public.
Voyons maintenant comment intégrer efficacement le storytelling dans la formation professionnelle.


 

Comment utiliser le storytelling en formation ?

Que ce soit pour concevoir une formation ou bien pour enrichir des modules de formation existant, voici les 4 utilisations possibles du storytelling :
 

  • pour se présenter
  • pour motiver
  • pour présenter une analogie
  • pour présenter le contenu dans le contexte de la vie réelle

1/ La présentation

Ce n’est pas une étape obligatoire, mais raconter une histoire ou une anecdote personnelle en entrée de session est très efficace.
Cela permet non seulement de capter l’attention du public immédiatement, mais aussi de l’apprivoiser.
Le récit va instaurer une proximité, entre le formateur et les apprenants. Il va permettre de briser la glace.
Il peut aussi “casser la distance” dans le sens où le formateur peut expliquer qu’il a connu la même problématique que son audience.
Bref, cette histoire est très importante. Elle donne le la et elle peut créer un climat de confiance.
Enfin, pour le formateur, elle va poser ce que l’on appelle le personal branding dans le marketing digital. C’est la marque personnelle, sa signature. Elle pose un style, une façon de faire.
 

2/ La motivation

Une fois que l’on a obtenu l’attention de l’auditoire, il va falloir la garder.
C’est là que le storytelling intervient à nouveau. Le formateur peut, à travers une histoire, permettre à l’apprenant de visualiser le bénéfice de la formation. Le type de récit qui s’y prête bien, c’est le “avant / après”.
Raconter l’histoire d’un élève, sa situation avant d’avoir les connaissances que l’on va enseigner et ce qui s’est passé après qu’il ait acquis de nouvelles compétences : cela peut vraiment inciter fortement les apprenants à être attentif.
 

3/ Le rôle des analogies

Nous revenons ici dans le royaume de La Fontaine. Les fables sont des analogies puissantes qui permettent d’ancrer un message ou un savoir avec une image.
On peut d’ailleurs s’en servir dans un coaching pour aider l’apprenant à mieux saisir ce dont on parle.
 

4/ Les mises en situation dans la vie réelle

On peut utiliser différentes histoires pour illustrer ce point. Cela peut être tout simplement un cas client. L’histoire permet de voir concrètement comment certaines techniques ont été mises en place ou appliquées.
On peut aussi donner les résultats obtenus. Ceci va renforcer l’intérêt des apprenants.
Une mise en situation peut également se faire sous forme de jeu de rôles. Comment tel savoir ou tel savoir-faire pourrait être utilisé dans une situation précise ?
Dans l’univers de la formation professionnelle continue, le nec plus ultra est l’escape game pédagogique. Dans ce cas, le storytelling est central.
Enfin, on pourrait imaginer des illustrations humoristiques, des animations vidéos ou des GIF animés pour illustrer un propos.
 

Nos formations au storytelling en vidéo

Comment pouvez-vous utiliser le pouvoir des histoires pour vos formations ? Notre formation vous apprend à :
 

  • maîtriser les principes clés du storytelling
  • appliquer le storytelling à l’intérieur des contenus de formation et notamment de vidéos

À partir d’un objectif de communication ou de formation, quel qu’il soit, les stagiaires apprendront un process pour concevoir une histoire qui intéressera le public efficacement et permettra d’illustrer le propos d’une façon efficace.
Découvrez comment réaliser des formations aussi captivantes que des séries Netflix.
Se former au storytelling ?
Découvrez également :

  • Téléchargez notre plaquette sur la
    formation à la Réalisation

Nos livres blancs

Téléchargez notre livre blanc sur la vidéo explicative

livre-blanc whiteboard